Enfant, je les détestais ces petits capricieux, ces arrogants, ces petits cafards,
ces petits caïds de merde ombrageux.
Malgré tout, je me surprends à me demander ce que sont devenus ces sales gamins gâtés pourris.
Si j'étais frustré ? Certainement oui.
Pendant que ces connards se la pétaient avec leur 4X4 radio commandés à moteur thermonucléaire. Moi je passais des heures
et des heures à faire joujou sur un de ces puzzles, à reconstituer l'image en faisant coulisser ces petites pièces de plastique.
Aujourd'hui, j'en retire un bénéfice inestimable : un goût immodéré pour les choses simples. D'où l'ultime
jouissance au milieu d'un champ de fraises sucrées en été. Et surtout, une maîtrise totale vis à vis de ces horribles sentiments : la frustration et l'amertume. Alors bon vent les p'tits
cons.
PS : cet article est volontairement teinté d'une ironie sans borne. Je vous invite à cliquer sur l'image pour découvrir
une petite anecdote croustillante et poétique.
Un frisson me parcours l'échine, léger engourdissement.
Les couleurs qui m'entourent deviennent électriques, imperceptibles, scintillantes.
Mes gestes sont plus vifs, ma vue plus perçante.
Un album de Soft Machine écouté mille fois tourne sur la platine. J'ai l'impression de le découvrir, d'entendre ce saxo pour la première fois. En me concentrant un peu j'arrive à écouter séparément
chacun des instruments.
Progressivement je me détache, jusqu'à me perdre à des années lumières.
Mon cerveau entre en ébullition, un nombre incalculable de données m'assaillent.
Tout est différent, le poster aux couleurs psychédélique danse en trois dimentions, chaque cigarette fumée scuplte des personnages volatiles qui meurent dans l'obscurité. Les murs qui nous
entourent se resserent peu à peu.
Aux petites heures , le soleil entame sa course folle, personne n'a dormi, le silence s'est installé. De nos yeux grand ouverts jaillissent des jets de lumière.
Après une courte sieste, difficile, agitée, les esprits engourdis reprennent le dessus, le physique est plus douloureux, seule satisfaction, ce stress qui je trainais depuis des mois a disparu,
je me sens léger.
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